mercredi, septembre 29, 2021

Journée nationale de la vérité et de la réconciliation

Le 30 septembre 2021 marque la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Observé auparavant comme la Journée du chandail orange, ceci est la première année que la journée sera marquée comme un jour férié fédéral.
La Journée du chandail orange est l’histoire de Phyllis (Jack) Webstad et les évènements du projet et de la réunion de commémoration du pensionnat St. Joseph Mission Residential School servant à se souvenir de l’expérience du pensionnat. C’est une façon de témoigner et d’honorer le parcours de guérison des survivants et de leurs familles, et de s’engager au processus de réconciliation en cours. La date du 30 septembre a été choisie alors que c’est le moment de l’année que les enfants ont été portés aux pensionnats. La couleur orange a été choisie en raison de l’expérience personnelle de Webstad de son nouveau chandail orange qu’il lui avait été enlevé la première journée d’école au pensionnat.
« J’exhorte tous les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises de prendre le temps d’essayer de comprendre les effets permanents sur le système de pensionnat, » dit la présidente du Syndicat du N.-B. Susie Proulx-Daigle.
Découverte des tombes non identifiées incite le gouvernement à agir
Jusqu’à présent, plus de 1 300 tombes suspectes ont été retrouvées aux anciens sites de pensionnats au Canada. On estime que plus de 150 000 enfants de Premières nations, Inuit et Métis ont fréquenté les pensionnats au Canada. Les pensionnats étaient financés par le gouvernement canadien et géré en partenariat avec les églises chrétiennes de différentes dénominations.
Le gouvernement n’aurait pas dû avoir besoin de la découverte de tombes non identifiées pour inciter l’accélération d’un projet de loi afin de reconnaître le jour férié fédéral. Le témoignage des survivants de l’odieux abus infligés sur eux et leurs pairs aux pensionnats aurait dû être suffisant. Il est grand temps de marquer la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation.
Les pensionnats – une entreprise commune entre le gouvernement canadien et les églises
L’Église catholique dirigeait 60% des pensionnats au Canada. Jusqu’à présent, le Pape Francis refuse de s’excuser pour le rôle que l’Église catholique a joué dans le système des pensionnats au Canada, mêmes après que les églises unies, presbytériennes et anglicanes ont présenté leurs excuses pour leur rôle. N’ayant aucune agence centrale unifiée à qui s’adresser, certaines entités catholiques refusent de divulguer tout dossier relatif au pensionnat. Ces dossiers seraient d'une valeur inestimable pour identifier les enfants dans les tombes non identifiées, ainsi que pour aider les survivants dans leurs batailles juridiques et leur permettre de tourner la page.
Des délégations de Premières nations, Métis et Inuit sont censées rencontrer le Pape Francis à Rome entre le 17 et 20 décembre, bien que le voyage ne soit pas approuvé par tous les autochtones. Le chef national de l’assemblée des Premières nations, RoseAnne Archibald, est en faveur que le Pape Francis ferait son excuse au Canada à l’opposé du Vatican. Et certains sont hésitants à l'égard des excuses, estimant qu'elles sonnent faux après tant de temps écoulé.
L’héritage colonial du Canada
Plusieurs des dossiers sur les pensionnats réservés par le gouvernement canadien ont été détruits dans les années 1930 et 1940. Bien que le gouvernement ait fait parvenir plusieurs dossiers concernant les pensionnats au Centre national pour la vérité et la réconciliation, certains documents restent scellés et font l’objet de batailles juridiques (Nouvelles CBC).
L’époque des pensionnats est peut-être finie, mais les effets se font toujours sentir aujourd’hui. En effet, la manière de penser coloniale qui a créé le système de pensionnats existe encore, que le gouvernement l’admette ou non. La directrice générale de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières nations, Cindy Blackstock, dit aux nouvelles CTV que les gouvernements ont continuellement sous-financé les services publics destinés aux enfants autochtones dans les réserves depuis l'époque de la confédération, au point que le Tribunal canadien des droits de la personne a déclaré le gouvernement coupable de discrimination.
La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation doit être respectée comme elle se doit
C’est honteux comment plusieurs gouvernements provinciaux – y compris le Nouveau-Brunswick – ont choisi de ne pas reconnaître la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation comme jour férié. Bien que ces gouvernements prétendent travailler avec les groupes de survivants et autochtones afin d’honorer cette journée, ils envoient un message clair : ces administrations ne croient pas que tous les enfants sont égaux et que la mort d'enfants autochtones aux mains du gouvernement et des églises n'a pas d'importance.
Ce 30 septembre, le Syndicat du Nouveau-Brunswick et le syndicat national (NUPGE) exhortent tous les membres à s’engager à la réconciliation. Participer aux évènements communautaires en ligne ou en personne. Faites-en une priorité de faire la lecture de matériel ou surveiller des émissions d’universitaires autochtones, d’activistes, d’organisations et des chefs ou prenez le temps d’écouter des présentations. Discutez avec vos enfants l’importance de la réconciliation. Écrivez à votre membre du Parlement et à votre député et demandez-leur quelles étapes ils ont prises envers la réconciliation.
Le Congrès du travail du Canada (CTC) a créé un site web pour que les Canadiens envoient une lettre au Premier ministre du Canada et lui demandé de faire de la réconciliation une priorité urgente pour le nouveau gouvernement. Le CTC a aussi un évènement en ligne de prévu afin d’envoyer des textos aux Canadiens et les inviter de prendre action sur la réconciliation et envoyer une lettre au Premier ministre du Canada. L’évènement est prévu pour 14h (heure de l’Atlantique) le 30 septembre et vous pouvez vous servir de ce lien pour vous inscrire.
« Pour que la réconciliation ait vraiment lieu, nous devons tous travailler ensemble. Les individus, les établissements, les organisations, les entreprises et les gouvernements ont tous un rôle à jouer, » a déclaré le président de NUPGE, Larry Brown. « C'est aux individus de s'assurer que les gouvernements respectent leurs promesses de réconciliation. Nous avons déjà vu que, sans surveillance, ils sont heureux de maintenir le statu quo. »
« Cette journée est attendue depuis longtemps, mais nous devons nous souvenir de ce qui a été fait et continuer à faire pression sur les élus pour qu'ils changent, pas seulement aujourd'hui, mais tous les jours à l'avenir, » a déclaré la présidente du Syndicat du Nouveau-Brunswick, Susie Proulx-Daigle.
« La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation vise à reconnaître notre passé, mais aussi notre présent, » a déclaré Bert Blundon, secrétaire-trésorier de NUPGE. « Nos systèmes actuels qui desservent les peuples autochtones reflètent ceux du passé. Nous ne pouvons pas avoir de réconciliation tant que nous ne mettons pas fin aux systèmes d'oppression actuels. »