mercredi, juillet 27, 2022

Les justifications de M. Higgs à propos des soins de santé n’ont pas de sens

« Nous savons que le taux d’occupation des hôpitaux a toujours été un problème. C’était le cas avant la COVID. Mais les patients obtiennent-ils leur congé dans un laps de temps adéquat? La circulation dans le système se fait-elle selon les besoins, c’est-à-dire que nous continuons de déplacer des patients parce que de nouveaux patients arrivent? Toutes ces choses sont des problèmes d’amélioration des processus, de circulation des patients et de gestion; c’est pourquoi je me concentre tant sur ces questions. »
Si cette déclaration faite à CBC News par le premier ministre Higgs est un quelconque indice de la façon dont il prévoit s’occuper de la crise que nous traversons en matière de soins de santé, il est soit mal informé ou non disposé à s’attaquer au vrai problème.
Il n’y a tout simplement pas assez de travailleurs dans notre système de santé. Les preuves à cet effet ne pourraient être plus claires. Il y a des milliers de postes vacants, plus de 60 000 Néo-Brunswickois n’ont pas de médecin de famille, des fermetures de salles d’urgence sont annoncées toutes les semaines en raison du manque de personnel.
La solution offerte par le premier ministre revient essentiellement à faire porter le blâme aux conseils des réseaux Horizon et Vitalité, à congédier le PDG du réseau Horizon, à ne tenir aucun politicien responsable et, au lieu de cela, à réaffecter deux ministres à d’autres dossiers. Et en ce qui concerne les vrais changements dans le système, la déclaration de M. Higgs à CBC citée plus haut peut se réduire à ceci : il faut dire aux travailleurs d’en faire plus avec moins.
Il s’agit encore de la même vieille rengaine. C’est la raison pour laquelle nous nous trouvons dans cette situation désastreuse. De nombreux gouvernements, incluant celui-ci, ont négligé d’investir dans les travailleurs, décidant plutôt que des compressions étaient nécessaires, même si toutes les preuves affirmaient le contraire.
Pendant des décennies, les politiciens ont refusé d’accorder au système de santé les ressources humaines dont il avait besoin, pour ensuite en faire porter le blâme aux administrations précédentes. La différence, cette fois, vient de la pandémie. Celle-ci a mis en lumière la pénurie de travailleurs dans le système de santé.
Et quelle a été la réponse des dirigeants du gouvernement à la vue de cette lumière? Ils ont décidé qu’ils en avaient assez de protéger les citoyens et le système de santé, ils ont supprimé toutes les mesures de protection obligatoires liées à la pandémie et ils ont dit aux Néo-Brunswickois de se débrouiller tout seuls.
Nous avons besoin de plus de travailleurs dans le système de santé, et l’argent fait partie de la solution. Le recrutement et la rétention des employés nécessitent des fonds et un plan. La mise en œuvre de changements dans le système aura un coût.
S’il veut agir sérieusement, le premier ministre doit faire preuve de transparence en ce qui concerne les soins de santé et les fonds subséquents. Il devra publier des rapports trimestriels démontrant où les fonds sont alloués et dépensés. De cette manière, les Néo-Brunswickois sauront comment leur argent est utilisé pour régler les plus importants services liés à leur santé et leur bien-être.
Il devra présenter au public un plan expliquant comment on intégrera plus de travailleurs dans le système et comment on les maintiendra en place. Il devra investir les ressources nécessaires pour rendre ce plan efficace et inclure les travailleurs dans le processus de prise de décisions.
Finalement, il devra promettre aux Néo-Brunswickois que la privatisation ne constitue pas une option. Car la privatisation engendre des services de moindre qualité, privilégie les gens riches en ce qui concerne la prestation de traitements efficaces et en temps opportuns et rend les profits plus importants que les gens.
Bref, c’est un mauvais plan, avec des conséquences pires encore.
Le premier ministre doit faire davantage que blâmer les autres, demander aux travailleurs d’en faire plus avec moins et restreindre les ressources dont le système a besoin. Il doit plutôt faire le contraire : prendre l’initiative, assumer les responsabilités nécessaires et investir dans des personnes qui amélioreront le système pour tous les Néo-Brunswickois.