vendredi, juillet 22, 2022

La voix des travailleurs de la santé et des organisations communautaires doit être entendue

Les travailleurs de la santé et les organisations communautaires doivent participer aux discussions concernant tout changement au système de soins de santé.
Le premier ministre Higgs a annoncé récemment des modifications majeures et antidémocratiques à la structure du système en nommant un nouveau ministre de la
santé et en éliminant les conseils d’administration des réseaux de la santé pour les remplacer par des fiduciaires, concentrant ainsi le pouvoir décisionnel entre les mains
de quelques personnes.
La Coalition du Nouveau-Brunswick sur la santé, qui représente des milliers de travailleurs de la santé et de soins de longue durée, de même que des organisations
communautaires de la province, est préoccupée par ces changements dans la structure de gestion des soins de santé et demande de participer aux discussions entourant la
résolution de la crise.
Le premier ministre a parlé de l’importance de gérer le système d’une manière plus efficace et efficiente, mais presque pas du problème principal : le manque d’employés. Il
y avait déjà une pénurie d’employés dans le système de santé avant la pandémie, mais la situation n’a fait qu’empirer depuis, d’où la crise actuelle.
La Coalition du Nouveau-Brunswick sur la santé émet les recommandations suivantes :
Inclure les travailleurs de la santé et les organisations communautaires dans la solution : en retirant les membres élus des conseils d'administration
des deux réseaux de santé, le gouvernement Higgs enlève les yeux et les oreilles du système de santé. Cette action potentiellement illégale diminue la
transparence et l'imputabilité du système. Cette crise ne sera surmontée que lorsque les conseils d’administration des deux réseaux de santé seront rétablis et
que tous leurs membres seront des représentants élus.
Obtenir l’engagement du premier ministre que la privatisation ne fera pas partie de la solution au problème : la privatisation ferait en sorte que seuls les
bien nantis auraient accès aux meilleurs soins de santé possible. En ajoutant des intervenants du secteur privé au système de soins, cela aurait aussi pour effet de
dédoubler des services et d’augmenter le temps d’attente des patients et patientes.
Rétablir le programme d’assurance-emploi Connexion AE au Nouveau-Brunswick : ce programme permettait à ceux et celles qui avaient
accumulé suffisamment d’heures de travail de recevoir des prestations d’assurance emploi pendant leur formation universitaire ou leurs stages d’études
à temps plein. Nous avons besoin d’augmenter le nombre de professionnels de la santé. Toute barrière à leur formation va à l’encontre des objectifs du
gouvernement.
Investir une partie des surplus budgétaires dans le recrutement et la rétention des travailleurs de la santé : le recrutement et la rétention sont le
plus gros défi à relever. Nous savons que ce problème ne sera pas réglé du jour au lendemain, mais il faut commencer à planifier dès maintenant. La province a
accumulé un surplus de près d’un demi-milliard de dollars au cours des deux dernières années. Il est temps qu’une partie de cet argent aille à ceux et celles
qui font le travail.
Garantir que les fonds fédéraux pour la santé soient dépensés dans les soins de santé : l’argent que le gouvernement fédéral a envoyé à la province
pendant la pandémie n’a pas seulement été utilisé à cette fin. Une grande proportion a été ajoutée aux surplus budgétaires. Cet argent devait servir à aider
les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises à traverses une période difficile. Le premier ministre Higgs et d’autres premiers ministres demandent au fédéral de
leur fournir plus de fonds sans condition. Étant donné la crise que nous traversons, nous devons nous assurer que cet argent soit investi dans
l’amélioration des soins de santé. Nous voulons que le gouvernement fournisse au public des rapports trimestriels sur la manière dont l’argent sera dépensé afin
que la population sache que cet argent est utilisé comme il se doit.
Réinstaurer immédiatement un protocole de port du masque : à cause de l’augmentation rapide du nombre de cas de COVID-19 et d’hospitalisations, il
faut prendre des mesures immédiates pour assurer que les hôpitaux continuent de fonctionner. Le gouvernement devrait exiger le port du masque à l’intérieur de
tous les endroits publics jusqu’à ce que le nombre de cas et d’hospitalisations ait diminué considérablement. Le port du masque n’est pas une atteinte aux droits
de la population, mais un moyen de se respecter mutuellement, surtout les travailleurs de la santé.
Nous espérons que le premier ministre Higgs prendra ces recommandations au sérieux. Le bien-être des Néo-Brunswickois et des Néo-Brunswickoises est en jeu. Le système a 
été sous-financé pendant des années. Le remplacement de politiciens et la centralisation du pouvoir décisionnel ne constituent pas un moyen d’améliorer le
système à long terme.
Nous savons que le premier ministre a dit que ce n’était pas en injectant plus d’argent que la crise sera résolue. Pourtant, c’est le même premier ministre qui demande au
fédéral d’y transférer plus de fonds pour qu’il puisse s’en servir comme bon lui semble.
Cet argent doit servir à améliorer le système de soins et surtout à recruter et retenir les travailleurs de la santé pour que les meilleurs soins possibles puissent être offerts.