mardi, août 4, 2020

Une éventuelle élection ne présente aucun avantage pour les Néo-Brunswickois

Alors que les rumeurs vont bon train à propos du possible déclenchement d’une élection par le premier ministre Blaine Higgs, le Syndicat du Nouveau-Brunswick est d’avis que celle-ci n’est pas nécessaire, et qu’il s’agit même d’une initiative hypocrite de la part des représentants du gouvernement.
Et cette position s’appuie sur plusieurs raisons.
LES COÛTS
Lorsqu’il est question de programmes et d’investissements qui seraient bénéfiques pour les Néo-Brunswickois, les politiciens nous servent toujours le même refrain : en raison de notre économie chancelante, nous ne pouvons pas nous permettre d’en faire beaucoup.
Cela ne les empêche pas d’accorder des réductions fiscales, des remises sur les salaires et d’autres formes d’aide corporative, mais c’est le mantra qu’ils utilisent lorsqu’il est question de services publics qui profiteraient au Néo-Brunswickois moyen.
L’élection provinciale de 2018 a coûté environ 12,8 millions de dollars. La directrice générale des élections de la province a déclaré publiquement qu’en raison de la COVID-19 la tenue d’une élection en ce moment engendrerait des coûts additionnels. Selon un reportage paru sur le site Web de Global News :
Mme Poffenroth révèle qu’un montant d’environ 700 000 $ a déjà été dépensé pour des achats de gants, de masques, de visières et de désinfectant. Il y aura aussi des frais supplémentaires associés aux besoins accrus en matière de personnel qui, selon l’estimation de Mme Poffenroth, pourraient atteindre près de 250 000 $.
Alors, pourquoi dépenserions-nous un montant qui, selon une estimation conservatrice, atteindrait plus de 13 millions de dollars, et ce, pour une élection qui n’est pas nécessaire?
Le ministère de l’Éducation aura besoin de plus d’argent pour ramener les enfants à l’école de façon sécuritaire cet automne. C’est là que des fonds devraient être alloués.
Le gouvernement doit remettre de l’ordre dans ses priorités.
LA SÉCURITÉ
Bien qu’il semble étrange d’avoir à écrire ceci en guise de rappel, nous sommes toujours en plein milieu d’une pandémie mondiale.
Notre province s’en est très bien tirée durant la pandémie mais, comme cela s’est vu ici comme ailleurs, il suffit souvent d’un seul cas pour engendrer une importante éclosion.
Les bureaux de vote, même en respectant la distanciation sociale et les autres précautions de mise, entraîneront la présence de plusieurs personnes en un même endroit. Ce qui ouvre la porte à divers problèmes. De plus, il n’y a dans notre province aucune ordonnance obligatoire relative au port du masque à l’intérieur et, sans cette mesure, les gens pourraient être exposés à des risques aux bureaux de vote.
Encore une fois, il n’y a aucune bonne raison pour déclencher une élection, à part le fait que c’est un désir de politicien.
LA PARTICIPATION DES ÉLECTEURS
Dans une société démocratique, vous voulez que le plus grand nombre possible de gens puissent exercer leur droit de vote. Cependant, au milieu d’une pandémie, avec une population vieillissante, on peut se demander combien de personnes estimeront le risque trop grand et préféreront rester chez eux, sans participer au scrutin.
LA POLITIQUE
La seule raison d’un possible déclenchement d’élection est purement politique, parce qu’elle n’est certainement pas dans l’intérêt supérieur des Néo-Brunswickois, comme le démontrent clairement les points énumérés ci-dessus.
Il y a moins de deux ans, nous nous sommes rendus aux urnes et nous avons élu un gouvernement minoritaire. Des spéculations au sujet de la prochaine élection ont débuté tout de suite après, car personne n’aurait pu imaginer que les politiciens puissent travailler ensemble pendant quatre longues années.
Mais voilà : nous savons maintenant que cela peut fonctionner, car nous venons tout juste de voir les chefs des quatre partis travailler en collaboration, dans un comité sur la COVID. Étant donné que c’est faisable, continuons donc de le faire.
Un gouvernement qui est dans l’impossibilité de faire adopter un budget ou qui ne peut pas exercer ses activités adéquatement est une chose, mais ce n’est pas cela qui se passe en ce moment.
Donc, pour résumer, notre gouvernement veut exposer les gens à des risques potentiels et dépenser de l’argent qu’il dit ne pas avoir, en plein milieu d’une pandémie, parce que les politiciens n’ont pas envie de travailler ensemble avec courtoisie.
Nous n’accepterions pas un tel comportement chez nos enfants. Nous devrions en attendre davantage de la part de nos représentants élus. Une élection n’est aucunement nécessaire avant octobre 2022. La déclencher avant cette date, c’est faire preuve d’un manque de respect envers les Néo-Brunswickois.