mardi, juillet 21, 2020

Le déficit fédéral nécessitera des mesures fiscales progressistes pour aider à couvrir les frais de la COVID-19

L’organisme Canadiens pour une fiscalité équitable demande la mise en œuvre de nouvelles mesures fiscales progressistes pour aider à couvrir les frais occasionnés par la lutte contre la COVID-19. Ces mesures permettront au Canada de gérer le déficit de 343,2 milliards de dollars prévu par le récent cliché instantané de la situation financière.
Les réductions fiscales signifient que les 1 % les plus riches sont soumis à un taux d’imposition global moins élevé que le reste d’entre nous
« Des décennies de réductions fiscales régressives et d’échappatoires ont permis aux 1 % les plus riches d’avoir un taux d’imposition global réel plus bas que tous les autres groupes de revenus, incluant les plus pauvres. Le plan de relance du Canada devrait faire en sorte que ceux qui peuvent se permettre de payer y contribuent », a déclaré l’économiste Toby Sanger, directeur de Canadiens pour une fiscalité équitable.
Des propositions visant l’équité fiscale
Le gouvernement fédéral devrait mettre en œuvre un certain nombre de mesures d’équité fiscale ayant pour but de soutenir les services publics et de réduire les disparités qui ont été accentuées par la COVID-19, dont les suivantes :
Impôts sur la fortune et les bénéfices excédentaires – Les Canadiens les plus riches possèdent maintenant plus du quart de la richesse nette du pays. Un impôt de 1 ou 2 % sur les fortunes de plus de 20 millions de dollars générerait plus de 10 milliards de dollars par année. Tout comme les familles les plus riches, qui s’en sont bien sorti durant la crise, certaines grandes sociétés ont également vu une augmentation de leurs profits, alors que ce sont les entreprises ordinaires qui souffrent. Un impôt sur les bénéfices excédentaires, comme celui qui était en vigueur durant les deux guerres mondiales, augmenterait les revenus et empêcherait le mercantilisme lié à la pandémie.
Que les grandes sociétés paient leur juste part – Au moment où de plus en plus d’activités économiques ont maintenant lieu en ligne, le gouvernement fédéral devrait donner suite à sa promesse électorale de 2019 et enfin imposer à Google, à Facebook et aux autres entreprises de commerce en ligne une taxation sur les profits et les revenus réalisés ici. Le Canada a une feuille de route médiocre en ce qui concerne les condamnations de grandes sociétés pour des impôts exigibles. Il est temps de durcir les lois entourant les paradis fiscaux et l’évitement fiscal pour les grandes sociétés.
La transparence est toujours de mise
Canadiens pour une fiscalité équitable, ainsi que divers autres organismes, ont également demandé une plus grande transparence par rapport aux dépenses liées à la COVID-19, incluant les contrats et l’aide gouvernementale, comme l’ont fait d’autres pays. La récente controverse entourant l’organisme caritatif UNIS est un bon exemple de la nécessité d’une divulgation plus exhaustive, afin de s’assurer que les fonds soient dépensés judicieusement et que les grandes sociétés et les organisations concernées, de même que le gouvernement, soient tenus de rendre compte de leurs actes.
« Les dépenses publiques devraient être axées sur des initiatives dotée d’une bonne rentabilité économique, qui réduiront les inégalités et contribueront à l’établissement d’une économie durable. Nous pouvons nous permettre de faire ces investissements cruciaux en améliorant l’équité de notre régime fiscal. Ce que nous ne pouvons pas nous permettre, ce sont des compressions dans les services et programmes publics, qui non seulement nous feraient revenir en arrière, mais nous précipiteraient dans une crise plus profonde encore », a ajouté M. Sanger.